À l’approche de Tou Bichvat, la fête juive des arbres et du renouveau de la terre, un contraste saisissant se dessine sur le terrain. Tandis qu’en Israël cette journée symbolise l’enracinement, la vie et la souveraineté, dans les territoires de Judée-Samarie se développe une stratégie parallèle qualifiée par ses détracteurs de « djihad vert » : une utilisation systématique de la plantation d’arbres comme outil politique, territorial et idéologique contre l’État d’Israël.
Selon plusieurs organisations israéliennes, au premier rang desquelles le mouvement Im Tirtzu, cette stratégie est menée par des ONG arabes et palestiniennes, avec un rôle central attribué à l’organisation APN (Arab Protection Network), basée en Jordanie. Officiellement engagée dans la défense de l’environnement, APN serait en réalité au cœur d’un projet méthodique visant à prendre le contrôle de terres d’État par des moyens agricoles et juridiques, tout en enveloppant l’opération d’un discours écologique.
🌱 Une guerre silencieuse par la terre
Le principe est aussi discret qu’efficace. En Judée-Samarie, le droit foncier en vigueur prévoit qu’une terre cultivée de manière continue pendant dix ans peut devenir difficilement récupérable par l’État, et ne peut plus être déclarée « terre domaniale ». Les organisations impliquées exploitent cette faille juridique en plantant massivement des arbres – oliviers, pins, caroubiers – sur des terrains stratégiques.
Les chiffres avancés sont considérables :
- 3,5 millions d’arbres déjà plantés,
- un objectif de 5 millions d’ici la fin de l’année,
- plus de 120 000 dounams concernés en Judée-Samarie et à Gaza,
- plus de 322 000 arbres dans la région d’Hébron et 307 000 autour de Jérusalem, dans le but explicite de bloquer l’expansion des implantations juives.
Selon Im Tirtzu, il s’agit d’une « ceinture d’étranglement territoriale », conçue pour fragmenter la continuité israélienne et créer des faits accomplis irréversibles.
🌳 Quand l’écologie glorifie le terrorisme
L’un des aspects les plus choquants révélés concerne l’usage symbolique des plantations. Des milliers d’arbres auraient été plantés à la mémoire de terroristes palestiniens, y compris 550 arbres dédiés à un terroriste ayant assassiné trois Israéliens lors de l’attentat du pont Allenby. Pour les organisations israéliennes, il ne s’agit plus seulement d’un combat foncier, mais d’une instrumentalisation idéologique de la nature, mêlant écologie, nationalisme radical et glorification de la violence.
Les dirigeants d’APN ne s’en cachent guère. Sa présidente a publiquement soutenu l’objectif de « libérer la Palestine du fleuve à la mer », un slogan largement reconnu comme appel à la disparition d’Israël. Le financement de l’organisation proviendrait, selon les mêmes sources, de fonds qataris, koweïtiens, ainsi que de fondations occidentales liées à George Soros – un cocktail qui alimente une controverse internationale.
🇮🇱 La riposte israélienne : planter pour rester
Face à cette offensive silencieuse, Im Tirtzu a lancé depuis plusieurs années une contre-stratégie assumée, reposant elle aussi sur la terre, mais avec un objectif inverse : préserver les terres d’État et renforcer la souveraineté israélienne.
Le projet phare, intitulé « Nous plantons la souveraineté », consiste à organiser des plantations massives dans des zones clés, afin d’empêcher toute prise de possession adverse, tant sur le plan juridique que physique. À ce jour :
- 150 événements de plantation ont déjà eu lieu,
- des dizaines de milliers d’arbres ont été plantés,
- dans des zones hautement sensibles :
- sud du mont Hébron,
- Binyamin,
- Samarie,
- Goush Etzion,
- vallée du Jourdain,
- Néguev,
- Galilée.
Pour les organisateurs, chaque arbre planté n’est pas seulement un symbole écologique, mais un marqueur territorial et juridique, destiné à garantir que la terre reste entre les mains de l’État d’Israël.
✡️ Tou Bichvat, idéologie et souveraineté
Cette année, Tou Bichvat prend une dimension éminemment politique et émotionnelle. De nombreuses plantations sont dédiées à la mémoire des soldats tombés lors de la guerre « Épées de fer », ainsi qu’aux victimes civiles du terrorisme. Là où l’ennemi cherche à « planter la mort », les organisateurs israéliens affirment vouloir planter la vie, l’enracinement et la continuité juive.
Le rabbin Shmuel Eliyahu a publiquement appelé à soutenir ces initiatives, rappelant que la mitsva du yishouv haaretz (l’établissement sur la terre d’Israël) est un commandement fondamental du judaïsme. Pour de nombreuses familles endeuillées, ces plantations constituent également une forme de mémoire vivante, un prolongement de l’engagement de leurs proches.
🌍 Une bataille qui dépasse les arbres
Derrière les feuilles et les racines, c’est une lutte stratégique à long terme qui se joue. Le « djihad vert » et la riposte israélienne montrent que le conflit israélo-palestinien ne se limite plus aux armes, aux diplomates ou aux tribunaux internationaux, mais se déplace aussi vers des champs, des collines et des plantations.
À l’ère où l’écologie est devenue un langage universel, la terre elle-même est devenue un champ de bataille narratif, juridique et politique. Et en ce Tou Bichvat 2026, planter un arbre n’est plus seulement un geste symbolique : c’est, pour les deux camps, un acte de souveraineté.






