« Il a refusé d’organiser la moindre discussion » : un haut responsable affirme que le Shin Bet a voulu éliminer Sinwar à 11 reprises – et désigne celui qui a bloqué l’opération

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FILE - Yahya Sinwar chairs a meeting with leaders of Palestinian factions at his office in Gaza City, April 13, 2022. (AP Photo/Adel Hana, File)
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Une accusation d’une gravité exceptionnelle secoue de nouveau le sommet de l’appareil sécuritaire et politique israélien. Selon le témoignage d’un haut responsable du système de sécurité, révélé par Channel 12 et relayé par Haaretz, le Premier ministre Benjamin Netanyahou aurait refusé à onze reprises, dans les mois précédant le massacre du 7 octobre, d’autoriser l’élimination ciblée du chef du Hamas à Gaza, Yahya Sinwar.

D’après ce témoignage, entre février et mars 2023, un effort concentré aurait été mené par les services de sécurité israéliens afin de réunir un renseignement opérationnel permettant de neutraliser Sinwar. À onze occasions distinctes, le Shin Bet aurait affirmé disposer d’une fenêtre d’opportunité concrète pour mener à bien une opération d’élimination. Toujours selon ce responsable, à chaque fois, le Premier ministre aurait ignoré la demande et refusé même de convoquer une discussion formelle sur le sujet.

Ces révélations s’inscrivent dans une série de témoignages et de fuites apparues tout au long de la guerre « Épées de fer », selon lesquelles plusieurs plans opérationnels visant à éliminer Sinwar auraient été proposés au fil des années, sans jamais recevoir le feu vert final. Dans certains cas, l’obstacle aurait été politique ; dans d’autres, opérationnel. Mais le schéma récurrent serait resté le même : aucune décision d’exécution.

Un élément particulièrement lourd ressort de ces informations : après l’opération « Gardien des murailles » en 2021, l’ancien chef du Shin Bet, Nadav Argaman, aurait explicitement averti que Sinwar était en train de devenir un défi stratégique majeur pour Israël et aurait exigé son élimination. Là encore, selon ces sources, la demande n’aurait pas été suivie d’effet au niveau politique.

La réponse du bureau du Premier ministre est catégorique et inverse totalement la responsabilité. Dans un communiqué officiel, il est affirmé que « c’est exactement l’inverse » : Benjamin Netanyahou aurait exigé « à maintes reprises » l’élimination de la direction du Hamas, mais ce seraient les responsables sécuritaires eux-mêmes qui auraient freiné ces initiatives — une réalité, selon la chancellerie, « clairement documentée dans les protocoles ».

Cette confrontation de versions, désormais publique, révèle une fracture profonde entre les échelons politique et sécuritaire israéliens, au moment même où le pays tente encore de tirer les leçons du plus grand échec sécuritaire de son histoire. Au-delà de la question personnelle de Sinwar, c’est la chaîne de décision stratégique, la gestion du renseignement et la responsabilité du pouvoir exécutif qui se retrouvent au cœur du débat national.

Dans un Israël encore traumatisé par le 7 octobre, ces révélations ne relèvent plus du simple règlement de comptes bureaucratique : elles posent une question fondamentale sur ce qui aurait pu être évité — et à quel prix l’inaction, réelle ou supposée, a été payée.

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