Dans un contexte de tensions extrêmes entre Téhéran et Washington, le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a lancé un avertissement direct aux États-Unis. Dans une interview accordée à CNN, il affirme que le président américain Donald Trump est peut-être capable d’ouvrir une guerre contre l’Iran, mais qu’il serait incapable d’en maîtriser l’issue. Selon lui, toute attaque américaine entraînerait une riposte iranienne susceptible de mettre en danger des milliers de soldats américains déployés dans la région.
Ghalibaf adopte un double discours mêlant menace et ouverture conditionnelle. Il assure que l’Iran reste prêt à négocier avec Washington, mais uniquement dans le cadre de discussions « honnêtes et sincères ». Il se dit toutefois convaincu que ce n’est pas l’approche recherchée par Donald Trump, qu’il accuse de vouloir imposer sa volonté par la force. « Une négociation sous pression militaire ne mène qu’à l’escalade », affirme-t-il, soulignant que tant que les intérêts économiques du peuple iranien ne seront pas garantis, aucun dialogue réel ne sera possible.
Le responsable iranien est également revenu sur les violences internes qui secouent le pays. Il a accusé des acteurs étrangers d’être à l’origine d’un plan élaboré « entièrement depuis l’extérieur » visant à déstabiliser la République islamique. Il a promis des procès rapides contre les responsables des troubles et a insisté sur la nécessité d’une vengeance pour la mort d’environ 300 membres des forces de sécurité du régime, tués selon lui lors des manifestations récentes. Tout en reconnaissant l’existence de difficultés économiques internes, qu’il attribue partiellement à une mauvaise gestion, Ghalibaf a rejeté la responsabilité principale sur les sanctions américaines.
Pendant ce temps, à Washington, les options militaires restent ouvertes mais aucune décision finale n’aurait encore été prise. Selon des sources américaines citées par Reuters, Donald Trump examine plusieurs scénarios allant de frappes ciblées contre des responsables sécuritaires iraniens impliqués dans la répression, à des attaques plus larges visant des infrastructures stratégiques. L’objectif évoqué serait d’affaiblir l’appareil sécuritaire du régime et de redonner de l’élan à la contestation populaire, sans nécessairement s’engager dans une guerre totale.
Ces mêmes sources indiquent que des options plus lourdes sont également sur la table, notamment des frappes contre le programme de missiles balistiques iranien ou contre les installations liées à l’enrichissement de l’uranium, perçues comme une menace directe pour les alliés régionaux des États-Unis, au premier rang desquels Israël. Toutefois, Trump n’aurait pas encore tranché sur la nature exacte de la réponse américaine, ni même sur l’opportunité d’un recours à la force.
Du côté israélien, le scepticisme domine quant à l’efficacité d’une stratégie fondée uniquement sur des frappes aériennes. Un haut responsable israélien, présenté comme directement informé de la coordination entre Israël et les États-Unis, a confié à Reuters que des attaques aériennes, même intensives, ne suffiraient pas à provoquer la chute du régime iranien. Selon lui, sans effondrement interne ou défections massives au sein de l’armée iranienne, une telle campagne pourrait même affaiblir la contestation en permettant au pouvoir de resserrer les rangs.
Ce responsable estime que même l’élimination du guide suprême Ali Khamenei ne garantirait pas un changement fondamental : un nouveau dirigeant émergerait rapidement pour préserver le système. Seule une combinaison de pression extérieure soutenue et d’une opposition intérieure organisée serait, selon cette analyse, capable d’entraîner un basculement réel du pouvoir. Des rapports de renseignement américains parviendraient à une conclusion similaire : les causes profondes de la contestation persistent, mais le régime conserve encore les leviers essentiels du contrôle.
Des sources occidentales avancent enfin que l’objectif réel de Donald Trump pourrait s’apparenter davantage à un « changement de leadership » qu’à un renversement complet du régime, à l’image de scénarios observés ailleurs, comme au Venezuela. À Téhéran, en revanche, le ton se durcit. Un haut responsable du ministère iranien des Affaires étrangères a déclaré à un média proche de l’axe iranien que si l’Iran devait choisir entre l’accord proposé par Trump et la guerre, « la guerre serait moins coûteuse », car elle éviterait, selon lui, une capitulation politique préalable.






