« Mon grand-père était le plus grand meurtrier de masse de l’histoire » : le petit-fils du commandant d’Auschwitz brise le silence

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À l’occasion de la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de la Shoah, un témoignage rare et profondément dérangeant a été livré à la presse israélienne. Kai Höss, petit-fils de Rudolf Höss, ancien commandant du camp d’extermination d’Auschwitz, a accordé un entretien exceptionnel depuis le Mémorial de l’Holocauste de Berlin. Ses paroles, d’une brutalité morale assumée, bouleversent autant qu’elles interrogent la responsabilité intergénérationnelle face au crime absolu.

« Mon grand-père est le plus grand meurtrier de masse de l’histoire humaine », affirme Kai Höss, la voix chargée d’émotion. « Et il est incroyable que je me tienne ici aujourd’hui, parlant à des Juifs, qui auraient toutes les raisons de me haïr pour ce que ma famille a fait. » Ce constat n’est ni une provocation ni une posture médiatique : il constitue le socle de son engagement personnel contre l’antisémitisme, le négationnisme et la banalisation du nazisme.

Rudolf Höss fut le commandant d’Auschwitz pendant la période la plus meurtrière du camp. Sous son autorité, l’extermination industrielle de masse fut systématisée ; il introduisit notamment l’usage du Zyklon B dans les chambres à gaz. Responsable direct de l’assassinat de millions de Juifs, il fut capturé après la Seconde Guerre mondiale, jugé en Pologne pour crimes contre l’humanité et exécuté par pendaison en 1947… à Auschwitz même.

Pourtant, dans la famille Höss, ce passé n’a jamais été véritablement affronté. Kai Höss raconte une enfance marquée par le silence : « Il n’y avait pas de discussions, pas d’excuses, pas de larmes. On ne glorifiait pas le nazisme, mais on ne regrettait rien non plus. C’était comme si tout cela devait être enterré. » Il explique n’avoir découvert la vérité qu’en classe de septième, lors d’un cours sur Auschwitz : le nom du commandant projeté au tableau était le sien. « Je suis rentré chez moi et j’ai demandé à ma mère. Elle m’a répondu : oui, c’est ton grand-père. »

La honte fut immédiate, écrasante. « J’étais persuadé que tout le monde savait. Que les enseignants savaient. Les élèves savaient. Ce n’était pas le cas, mais moi, je le portais déjà comme une marque indélébile. » Cette révélation a façonné l’ensemble de son parcours. Initialement formé comme chef cuisinier, puis actif dans le secteur du tourisme, Kai Höss deviendra ensuite pasteur évangélique en Allemagne, cofondateur d’une communauté chrétienne à Stuttgart. Depuis des années, il consacre une partie essentielle de sa vie à des conférences sur la Shoah, la mémoire, la responsabilité morale et la lutte contre l’antisémitisme contemporain.

Un tournant décisif survient à l’âge de 17 ans, lorsqu’il lit les mémoires de son grand-père, publiées sous le titre Commandant d’Auschwitz. « Ce livre m’a brisé le cœur. Ce n’est pas un texte abstrait : il décrit à la première personne ce qu’il a fait. Les convois, les sélections, les enfants, les gazages. Tout est là. Noir sur blanc. » Face aux photographies des enfants juifs en pyjama rayé, il ressent une douleur presque physique : « J’ai quatre enfants. J’ai imaginé la peur dans le cœur de ces petits, arrachés à leurs parents. C’était insupportable. »

Sa première visite à Auschwitz-Birkenau fut, selon ses mots, un effondrement émotionnel. « J’ai pleuré sans pouvoir m’arrêter. Le quai de Birkenau, là où se faisait la sélection… c’est là que tout m’a frappé de plein fouet. Des centaines de milliers de personnes trompées, promises à une douche chaude, et assassinées quelques heures plus tard. »

Contrairement à une partie de sa famille, Kai Höss a fait un choix clair : rompre avec toute ambiguïté morale. Il explique s’être éloigné de certains oncles et tantes incapables de qualifier la Shoah pour ce qu’elle fut. « Ils ne niaient pas, mais ils ne prenaient jamais position clairement. Il y avait toujours une gêne, une esquive. Moi, je ne pouvais pas vivre avec ça. »

Aujourd’hui, Kai Höss affirme sans détour son soutien à Israël, qu’il considère non comme une posture politique, mais comme une exigence morale et spirituelle. Il se dit profondément inquiet de la résurgence mondiale de l’admiration pour Hitler et l’idéologie nazie, un phénomène qu’il observe ouvertement en Europe et au-delà. Il raconte même que certains individus, y compris dans le monde arabe, lui ont déclaré admirer son grand-père : « Je leur réponds toujours : non. Écoutez-moi. Voilà ce qu’il a réellement fait. Voilà la vérité. »

L’entretien s’achève sur une scène d’une force symbolique rare. Le journaliste, petit-fils d’une survivante d’Auschwitz, montre à Kai Höss une photo de sa grand-mère, rescapée du camp, enlacée par son arrière-petite-fille en Israël. « C’est une image de victoire », lui dit-il. Kai Höss, les larmes aux yeux, acquiesce : « C’est exactement cela. Après des millénaires de tentatives pour détruire le peuple juif, vous êtes toujours là. Revenus sur votre terre. Vivants. C’est une victoire morale absolue. »

Ce témoignage, lourd et inconfortable, rappelle une vérité essentielle : la mémoire n’est pas un rituel figé, mais un combat quotidien contre l’oubli, le mensonge et la banalisation du mal.

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