Après le dernier otage, la vérité crue : le Hamas est encore debout et la guerre n’est pas vraiment terminée

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Le retour du dernier otage israélien, Ran Gvili, clôt un chapitre d’une douleur nationale immense, mais il ne referme en rien le livre du 7 octobre. C’est le sens central de l’éditorial publié par le New York Post, rejoint par l’analyse du journaliste israélien David Horovitz : Israël a rempli son devoir sacré envers ses citoyens abandonnés ce jour-là, mais l’objectif stratégique fondamental de la guerre n’a pas encore été atteint.

Dès les premières heures ayant suivi le massacre du 7 octobre, Israël a lancé deux campagnes parallèles et indissociables : sauver les captifs et empêcher le Hamas de pouvoir jamais répéter un tel crime. Toute nation rationnelle, souligne l’éditorial du New York Post, aurait dû soutenir sans réserve ces objectifs. Pourtant, au lieu d’un appui moral clair, Israël a vu une partie du monde se retourner contre lui, tandis que l’antisémitisme explosait à un niveau inédit depuis des décennies. La libération progressive des otages, puis la récupération du dernier d’entre eux, n’a pas inversé cette tendance ; elle a parfois même servi de prétexte à de nouvelles pressions contre Jérusalem.

Pour le New York Post, le principe directeur doit rester inchangé : le Hamas ne peut pas rester une force armée et politique à Gaza. Son éradication – ou à tout le moins son désarmement total et la perte de tout pouvoir administratif – est la seule garantie d’une fin réelle et durable des hostilités. Cette ligne est également celle affichée par le président américain Donald Trump et son entourage, qui ont clairement indiqué que toute « paix » qui laisserait le Hamas armé serait une illusion dangereuse.

Selon l’éditorial, Benjamin Netanyahu et Donald Trump se sont entendus sur un calendrier exigeant : le Hamas disposerait jusqu’au mois de mars pour déposer les armes, sous peine de faire face à une riposte sévère. Trump a publiquement averti que le groupe terroriste serait frappé « violemment » en cas de refus. Or, dans les faits, plusieurs dirigeants du Hamas ont déjà juré de ne jamais se désarmer, tout en cherchant à préserver un rôle politique à Gaza. Ce double discours alimente un scepticisme croissant quant à la possibilité d’un règlement sans confrontation supplémentaire.

David Horovitz apporte une lecture plus institutionnelle et introspective. Pour lui, la récupération du corps de Ran Gvili marque l’accomplissement d’une obligation morale fondamentale : l’État d’Israël devait ramener tous les siens, vivants ou morts. En ce sens, les dirigeants politiques et militaires ont commencé à réparer, au moins partiellement, la rupture de confiance provoquée par l’échec catastrophique du 7 octobre. Les otages ont été libérés. Jusqu’au dernier. Mais cette réussite ne saurait masquer le fait que le Hamas n’a pas été détruit.

Officiellement, la restitution du corps de Gvili marque la fin de la première phase du plan de paix américain pour Gaza. Les phases suivantes sont ambitieuses sur le papier : désarmement du Hamas, démilitarisation de la bande de Gaza, retrait progressif de Tsahal, puis construction à long terme d’une entité gazaouie non menaçante. Cependant, Horovitz souligne l’écart béant entre ces objectifs et la réalité sur le terrain. Le Hamas conserve une présence significative, des capacités résiduelles, et une idéologie inchangée dont le but déclaré reste l’élimination d’Israël.

Sur le plan pratique, des décisions lourdes de conséquences ont déjà été prises. Ali Shaath, ancien vice-ministre de l’Autorité palestinienne nommé à la tête du Comité national pour l’administration de Gaza, a annoncé la réouverture prochaine du point de passage de Rafah entre Gaza et l’Égypte, dans les deux sens. Cette mesure, hautement sensible, a été acceptée par Netanyahu avec une extrême prudence, et sous condition explicite : la fin des recherches concernant le corps de Gvili. Cette condition est désormais remplie, mais le malaise demeure au sein de la coalition gouvernementale israélienne, notamment parmi ses composantes les plus à droite, qui voient dans toute concession un risque stratégique majeur.

L’élément central, que ni l’éditorial du New York Post ni David Horovitz ne perdent de vue, est le suivant : le Hamas n’a pas renoncé à sa guerre contre Israël. Dans sa propre lecture, le groupe terroriste considère que la libération des otages lui a permis de desserrer la pression militaire israélienne, de gagner du temps, de préserver une partie de son contrôle territorial et de miser sur un environnement international hostile à Israël. Aux yeux de Jérusalem, cette stratégie impose une vigilance extrême : toute pause mal encadrée pourrait permettre au Hamas de se réarmer, de se reconstituer et de préparer la prochaine attaque.

Israël s’était fixé deux objectifs clairs après le 7 octobre : détruire le Hamas et ramener tous les otages. Le second objectif est désormais atteint, au prix d’efforts immenses et d’un traumatisme national durable. Le premier, en revanche, ne l’est pas. La guerre, sous sa forme actuelle, est peut-être terminée, mais le conflit stratégique, lui, ne l’est pas.

Le retour de Ran Gvili marque donc bien la fin d’une époque, mais pas la fin de l’histoire. Comme l’a résumé Netanyahu, le chapitre du 7 octobre ne sera véritablement clos que le jour où Gaza ne pourra plus jamais constituer une menace pour Israël. Ce jour-là n’est pas encore arrivé. Et tant que le Hamas restera armé, idéologiquement intact et politiquement actif, la question ne sera pas de savoir si le conflit reprendra, mais quand et à quel prix.

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