Pourquoi Israël ne peut compter que sur lui-même face à l’effondrement régional

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À mesure que le Moyen-Orient s’enfonce dans une recomposition chaotique, une leçon revient avec une brutalité presque pédagogique : les garanties extérieures ne sont jamais éternelles, et les alliances, même les plus solides en apparence, restent soumises aux intérêts du moment. Dans cet environnement, Israël ne peut pas se permettre de construire sa sécurité sur des promesses, des déclarations de principe ou des mécanismes internationaux qui se grippent dès que le coût politique devient trop élevé. L’expérience récente, en particulier en Syrie, confirme une règle stratégique qui dépasse la région : lorsqu’un État n’assure pas lui-même sa capacité de défense, quelqu’un finira toujours par décider à sa place.

L’effondrement régional n’est pas une abstraction. Il se mesure à la disparition progressive de structures étatiques capables d’imposer l’ordre sur leur territoire. La Syrie, devenue un patchwork de zones contrôlées par des factions armées, illustre la conséquence directe de cet effacement : l’émergence d’acteurs hybrides, mi-politiques mi-militaires, souvent idéologiques, qui imposent leur loi par la violence. Le Liban, paralysé, offre un autre exemple : un État formel, mais une souveraineté rongée de l’intérieur par une milice plus puissante que l’armée nationale. Gaza, instrumentalisée et militarisée, s’inscrit dans la même logique de confrontation permanente. À l’arrière-plan, l’Iran poursuit une stratégie méthodique de projection d’influence, utilisant réseaux, armements, financement et propagande pour maintenir une pression constante sur Israël.

Dans ce décor, la tentation est grande de croire qu’une coalition occidentale, une alliance internationale ou un “cadre diplomatique” suffira à contenir les menaces. Or, les événements récents montrent exactement l’inverse. Le sort réservé aux Kurdes en Syrie est devenu un symbole mondial de cette réalité. Alliés essentiels dans la lutte contre l’État islamique, force stabilisatrice, bouclier humain contre Daech, ils ont été progressivement relégués au rang de variable d’ajustement stratégique. Dès que les équations politiques ont changé, leur sécurité est devenue négociable. Cette séquence envoie un signal glaçant à tous les acteurs de la région : même ceux qui ont combattu au nom d’un objectif partagé peuvent être abandonnés lorsque l’intérêt supérieur l’exige.

Pour Israël, cette leçon n’est pas nouvelle, mais elle se renforce. Le pays a construit sa doctrine de sécurité précisément sur la conviction que l’autonomie stratégique n’est pas un choix idéologique, mais une nécessité existentielle. Israël est l’un des rares États au monde dont la survie a été mise en jeu à répétition, et qui a dû, dès sa naissance, anticiper le pire scénario plutôt que d’espérer le meilleur. La dissuasion, l’avantage technologique, la capacité de frappe rapide, le renseignement et la préparation à la guerre sur plusieurs fronts ne sont pas des slogans : ce sont des piliers.

Cette autonomie stratégique ne signifie pas qu’Israël doit rompre avec ses alliés. Elle signifie qu’Israël ne délègue pas la décision vitale. Les partenariats, notamment avec les États-Unis, restent fondamentaux, mais ils ne remplacent pas la capacité nationale d’agir. Dans le monde réel, les alliances sont souvent soumises à des dynamiques internes : élections, opinion publique, crises économiques, rapports de force parlementaires, pressions médiatiques. Un changement d’administration peut modifier un ton, une priorité, une lecture. Un conflit lointain peut devenir soudainement “trop coûteux” pour l’image d’un gouvernement. Dans ces moments, un allié peut hésiter, retarder, conditionner. Israël ne peut pas se permettre ce luxe.

L’effondrement régional génère aussi des menaces nouvelles qui ne ressemblent plus aux guerres classiques. Il ne s’agit pas seulement de missiles, de roquettes et de blindés. Il s’agit d’une guerre hybride où la délégitimation internationale peut devenir un front, où une campagne de désinformation peut déclencher une crise, où une attaque cyber peut paralyser une infrastructure vitale, où une mobilisation de rue à l’étranger peut peser sur une décision politique. Dans cette configuration, compter sur “l’intervention des autres” n’est pas seulement incertain, c’est parfois contre-productif : attendre, c’est perdre l’initiative.

La conclusion stratégique est donc claire : Israël doit maintenir une capacité d’action autonome, crédible et visible, sur l’ensemble des théâtres. Cela implique de préserver la supériorité du renseignement, d’investir dans la défense aérienne et antimissile, de renforcer la résilience interne, de protéger les infrastructures critiques, et de conserver une doctrine d’action préventive lorsque les menaces deviennent existentielles. Cela implique aussi une cohésion nationale minimale, car la résilience d’un pays ne se mesure pas uniquement à ses armes, mais à sa capacité collective à encaisser des chocs et à rester fonctionnel.

Le Moyen-Orient entre dans une période où les frontières politiques et morales deviennent floues. Des islamistes peuvent être rebrandés en partenaires, des terroristes peuvent redevenir des “interlocuteurs”, des alliances peuvent se retourner du jour au lendemain. Dans ce monde, Israël n’a qu’un seul filet de sécurité fiable : lui-même.


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