Un rapport publié par le Washington Post révèle un épisode diplomatique discret mais hautement sensible : quelques jours seulement avant le déclenchement des vastes manifestations en Iran, Israël et l’Iran auraient échangé des messages indirects par l’intermédiaire de la Russie, s’engageant mutuellement à ne pas lancer d’attaque préventive l’un contre l’autre.
Selon le quotidien américain, les discussions auraient été initiées par Israël, qui aurait fait savoir à Téhéran qu’il n’envisageait aucune frappe tant qu’il ne serait pas lui-même attaqué. Un haut responsable régional, cité anonymement par le journal, a résumé la position iranienne en ces termes : « Pour l’Iran, c’était une bonne affaire ».
Le rapport précise que ces échanges ont eu lieu avant l’explosion des protestations internes en Iran et ne permet pas de déterminer si cet engagement tacite est toujours en vigueur aujourd’hui. Depuis, la situation régionale s’est nettement détériorée. Ces dernières heures, une escalade significative des tensions est observée entre l’Iran, les États-Unis et Israël, sur fond de spéculations croissantes concernant une éventuelle frappe américaine imminente.
Dans ce contexte, des mesures de précaution renforcées ont été prises sur plusieurs théâtres — aérien, maritime et terrestre — traduisant un niveau d’alerte élevé dans l’ensemble de la région.
Une analyste de premier plan, interrogée par le Washington Post, souligne la complexité de la position israélienne. Ancienne responsable de la recherche au Mossad et aujourd’hui chercheuse senior à l’Institut pour les études de sécurité nationale (INSS) à Tel-Aviv, elle explique :
« Israël laisse les États-Unis mener la danse, mais il est évident qu’un changement de régime en Iran transformerait profondément le Moyen-Orient — y compris la situation du Hezbollah. En parallèle, Israël sait qu’il pourrait devenir une cible d’une riposte iranienne, et a donc déjà pris de nombreuses mesures pour renforcer sa protection et son niveau de préparation. »
Cette révélation met en lumière l’existence de canaux de communication indirects entre deux ennemis jurés, même au cœur de périodes de très forte tension. Elle souligne également à quel point la crise iranienne actuelle s’inscrit dans un jeu stratégique régional beaucoup plus large, où calculs militaires, pressions internes et équilibres internationaux s’entrecroisent étroitement.









