Selon un reportage de NBC News, des responsables israéliens, rejoints par plusieurs acteurs du monde arabe, ont récemment recommandé à l’administration de Donald Trump de ne pas lancer, à ce stade, une attaque militaire d’envergure contre l’Iran. Leur évaluation commune est que le régime iranien, bien que fortement ébranlé par les manifestations et la répression, n’est pas encore suffisamment affaibli pour qu’une intervention militaire américaine provoque sa chute.
Ces échanges ont eu lieu alors que le président américain examine différentes options en réponse à la répression brutale exercée par le régime iranien contre les manifestants. Donald Trump a multiplié ces derniers jours les déclarations publiques de soutien aux protestataires, les appelant à poursuivre leur mobilisation et affirmant que « l’aide est en route ». Dans le même temps, il a annoncé l’annulation de toutes les rencontres prévues avec des représentants iraniens, conditionnant toute reprise de dialogue à l’arrêt des violences contre la population.
D’après NBC News, les responsables israéliens et arabes estiment qu’une frappe militaire immédiate risquerait de ne pas produire l’effet recherché. Ils craignent qu’une intervention extérieure, à ce stade, ne permette pas de « terminer le travail » engagé par les manifestants eux-mêmes et, pire encore, qu’elle ne conduise à un effet de rassemblement autour du régime à Téhéran. Plusieurs sources citées dans le reportage rappellent que, par le passé, des frappes étrangères ont parfois renforcé la cohésion interne du pouvoir iranien face à un ennemi extérieur.
Les interlocuteurs de Washington soulignent également que la situation en Iran évolue rapidement et que l’équilibre interne pourrait basculer dans un sens ou dans l’autre en fonction de la pression exercée. Ils recommandent donc de laisser le temps jouer contre le régime, en intensifiant les leviers non militaires plutôt que de recourir immédiatement à des bombardements massifs.
Selon des responsables américains interrogés par NBC News, la Maison-Blanche examine actuellement un large éventail d’options, dont certaines n’impliquent pas l’usage direct de la force. La porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a confirmé que le Conseil de sécurité nationale s’est réuni pour discuter de la crise iranienne, même en l’absence du président. Elle a rappelé que Donald Trump privilégie, par principe, les solutions diplomatiques, tout en n’excluant pas des frappes aériennes si la situation l’exige.
Un responsable arabe cité par NBC News a indiqué qu’il existait, dans la région, un « manque d’enthousiasme » vis-à-vis d’une attaque américaine contre l’Iran à ce stade. Un autre a averti qu’une escalade militaire, qu’elle soit menée par Israël ou par les États-Unis, pourrait renforcer le sentiment nationaliste iranien et détourner l’attention des fractures internes actuellement visibles au sein de la société.
Les responsables israéliens, tout en réaffirmant leur soutien à un changement de régime en Iran et aux efforts américains en ce sens, ont proposé à Washington une série de mesures alternatives. Parmi celles-ci figurent le renforcement des moyens de communication permettant aux Iraniens de contourner les coupures d’internet imposées par le régime, un durcissement des sanctions économiques, des opérations de cyberattaques ciblées contre les infrastructures du pouvoir, et même, selon certaines sources, des actions militaires très ciblées contre des dirigeants spécifiques du régime.
Ces mesures, estiment-ils, pourraient accroître progressivement la pression sur les autorités iraniennes, affaiblir leur capacité de contrôle et créer les conditions d’une éventuelle action militaire plus large, si celle-ci devenait nécessaire ultérieurement. Pour l’heure, le message transmis à Washington est clair : la chute du régime iranien ne serait pas garantie par une frappe immédiate, et une stratégie graduelle pourrait s’avérer plus efficace.






