Les célébrations du passage à 2026 ont viré au chaos dans de nombreuses capitales et grandes villes européennes. Malgré un dispositif de sécurité massif déployé dans l’ensemble du continent, la nuit de la Saint-Sylvestre a été marquée par des violences graves : morts liées à des feux d’artifice artisanaux, incendies d’édifices religieux, attaques contre les forces de l’ordre et destructions de biens publics et privés. Le bilan, encore provisoire, fait état de plusieurs morts, de centaines de blessés et de milliers d’interventions policières.
Allemagne : morts, policiers blessés et 400 arrestations à Berlin
En Allemagne, les autorités ont fait état d’une nouvelle nuit de tensions. À Berlin, 400 personnes ont été interpellées après des affrontements avec la police. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des rues envahies de fumée, des tirs de feux d’artifice dirigés vers les forces de l’ordre et des véhicules incendiés.
Dans la ville de Bielefeld, deux jeunes de 18 ans ont trouvé la mort après l’explosion de feux d’artifice artisanaux. Les services d’urgence ont également signalé de graves blessures : amputations, lésions oculaires et brûlures sévères, souvent liées à l’utilisation d’engins pyrotechniques illégaux, parfois introduits depuis la Pologne et la Tchéquie. En Bavière et à Brême, des dizaines d’incendies ont été recensés, tandis que des policiers ont été blessés par des tirs directs de fusées.
Un symbole religieux n’a pas été épargné : à Erfurt, le toit de la cathédrale a pris feu, vraisemblablement après l’impact d’un feu d’artifice, avant que les pompiers ne parviennent à circonscrire l’incendie.
Pays-Bas : une église historique détruite à Amsterdam
Aux Pays-Bas, l’événement le plus marquant s’est produit à Amsterdam, où l’église historique Wendel, construite en 1872, a été ravagée par les flammes. Selon les premières conclusions de l’enquête, des feux d’artifice auraient atteint la structure du bâtiment, provoquant l’incendie. Le clocher, une partie du toit et des éléments centraux de l’édifice se sont effondrés.
L’électricité a été coupée dans le quartier et plusieurs habitants ont dû être évacués. Si aucune victime n’est à déplorer sur place, les autorités n’excluent pas que l’édifice soit irrécupérable, tant les dégâts sont importants.
France : voitures brûlées et attaques contre la police
En France, la nuit a également été agitée. Des centaines de véhicules ont été incendiés et des affrontements ont opposé des groupes violents aux forces de l’ordre à Paris, mais aussi à Nantes, Bordeaux et dans des dizaines d’autres communes.
À Brest, une station de police a été visée par des tirs de feux d’artifice. Le ministère de l’Intérieur a confirmé plusieurs policiers blessés, de nombreuses interpellations et l’usage de gaz lacrymogènes pour disperser les émeutiers.
Belgique et Suède : attaques contre secouristes et forces de l’ordre
En Belgique, malgré l’interdiction officielle de l’usage privé de feux d’artifice, la police a fait état de 344 interventions et de 63 arrestations administratives à Bruxelles. Des policiers et un ambulancier ont été pris pour cible, tandis que des véhicules de transport public ont été vandalisés.
La Suède n’a pas été épargnée. Plusieurs villes ont signalé des tirs de feux d’artifice dirigés contre la police, des incendies et des dégradations. Des dizaines de personnes ont été blessées, dont un jeune homme grièvement atteint par une explosion.
Un contraste saisissant avec les festivités officielles
Ces violences contrastent fortement avec les images diffusées plus tôt dans la soirée : Champs-Élysées illuminés, feux d’artifice spectaculaires au-dessus des capitales et rassemblements festifs encadrés par des centaines de milliers de policiers et d’agents de sécurité. Les autorités européennes avaient pourtant renforcé les dispositifs, tirant les leçons des troubles observés lors des précédents réveillons.
Malgré ces mesures, la multiplication d’incidents graves interroge sur la capacité des États à prévenir durablement ces explosions de violence, souvent concentrées dans certains quartiers urbains et alimentées par l’usage massif de feux d’artifice illégaux.
Une inquiétude croissante pour les prochaines années
Alors que les bilans définitifs continuent d’être consolidés, plusieurs gouvernements européens annoncent déjà des révisions des règles encadrant les festivités du Nouvel An, notamment sur la vente et l’utilisation de produits pyrotechniques. Les syndicats de police, eux, réclament un durcissement des sanctions et des moyens supplémentaires pour protéger les forces de l’ordre et les services de secours.
Le passage à 2026, censé être un moment de célébration, laisse ainsi derrière lui une image sombre : celle d’une Europe où la nuit du Nouvel An devient, année après année, un défi sécuritaire majeur.











