Ce qui devait être un simple trajet de cinq minutes s’est transformé en une scène de tension et de peur. En visite à Bucarest, trois touristes israéliennes ont été confrontées à une tentative d’extorsion de la part d’un chauffeur de taxi local, une pratique que les habitants connaissent bien et dont les autorités peinent à venir à bout.
Les faits se sont déroulés la semaine dernière, à la sortie d’un centre commercial de la capitale roumaine. Incapables de commander un véhicule via une application de transport, les jeunes femmes se sont tournées vers un taxi jaune stationné à proximité. Avant de monter, elles ont demandé le prix de la course jusqu’à leur hôtel. Le chauffeur leur a d’abord répondu qu’il utiliserait le compteur, puis a finalement annoncé un tarif fixe : 18 lei, soit environ 14 shekels — un montant cohérent avec les trajets précédents qu’elles avaient effectués.
D’un trajet banal à une confrontation violente
La course elle-même s’est déroulée sans incident. « Il était aimable, parlait un anglais parfait, plaisantait avec nous et s’intéressait à notre séjour », raconte l’une des voyageuses. Mais à l’arrivée devant l’hôtel, le ton a brusquement changé.
Lorsque les jeunes femmes ont voulu régler la course par carte bancaire, le chauffeur a refusé catégoriquement, exigeant un paiement en espèces. Elles lui ont alors tendu un billet de 20 lei. C’est à ce moment-là que la situation a dégénéré : le chauffeur a affirmé que le prix était en réalité de 180 lei, dix fois plus que le montant convenu.
Face à leur refus, l’homme serait devenu agressif, aurait jeté le billet par la fenêtre et commencé à crier, expliquant que cette somme était « ridicule ». « Il s’est mis à hurler et à perdre le contrôle », témoigne la touriste. « Je lui ai dit que j’allais appeler la police. C’est là qu’il a commencé à paniquer. »
Finalement, sous la pression et par crainte d’une escalade, l’une des voyageuses a ajouté un billet de 10 euros. Le chauffeur a pris l’argent et a quitté les lieux sans un mot.
Une arnaque bien connue des habitants
Selon des résidents israéliens vivant à Bucarest, ce type d’incident est loin d’être isolé. « C’est une pratique connue ici », explique l’un d’eux. « Des chauffeurs non affiliés aux applications de transport profitent du fait que les touristes ne connaissent pas les prix réels et n’osent pas appeler la police dans un pays étranger. »
D’après ces témoignages, certains visiteurs auraient payé jusqu’à 400 lei pour des trajets très courts, après que les chauffeurs ont soudainement modifié le prix à l’arrivée. La méthode est presque toujours la même : accord verbal initial, puis changement brutal de tarif accompagné d’intimidation.
Les recommandations des locaux
Les habitants et les expatriés conseillent aux touristes de privilégier exclusivement les applications reconnues ou les compagnies officielles, et d’éviter les taxis indépendants, en particulier à proximité des centres commerciaux et des zones touristiques.
« Bucarest est une ville agréable et sûre dans l’ensemble », souligne un résident. « Mais comme dans beaucoup de grandes villes européennes, certaines arnaques ciblent les visiteurs. La meilleure protection reste l’information et la prudence. »
Pour les trois Israéliennes, l’épisode a laissé un goût amer, mais aussi une leçon claire : dans une ville étrangère, même un trajet de quelques minutes peut parfois réserver de mauvaises surprises.






