Un groupe de pirates informatiques liés à l’Iran, connu sous le nom de « Handala », affirme avoir réussi à s’introduire dans le véhicule d’un scientifique nucléaire israélien de haut rang et y avoir déposé un bouquet de fleurs rouges. Les images publiées par le groupe montrent ce qui semble être un intérieur de voiture, un bouquet posé sur le siège, et un message menaçant rédigé à la première personne.
Les hackers prétendent également avoir divulgué l’identité du scientifique visé et publié une liste de noms et de numéros de téléphone qu’ils attribuent — encore une fois selon leur version — à des membres de l’unité 8200. Aucun organisme de sécurité israélien ne confirme ces assertions, laissant ouverte la possibilité qu’il s’agisse d’un exercice de propagande destiné à semer la peur.
Dans le message adressé au « scientifique », les auteurs écrivent : « Hier, tu as reçu notre bouquet. C’est un objet apparemment inoffensif, mais as-tu remarqué son poids ? As-tu senti la présence derrière lui, les mains qui l’ont porté, les pas qui se sont éloignés juste avant que tu n’ouvres la porte ? Dis-nous comment va ta voiture. As-tu entendu le léger clic quand tu as touché la poignée ? Était-ce familier ? » Le ton, presque narratif, cherche à suggérer une intrusion physique, une proximité inquiétante.
Le texte poursuit : « Nous marchons dans tes rues. Nous respirons ton air. Nous nous tenons dans les endroits que tu pensais inaccessibles. L’illusion de sécurité de ton régime s’est déjà effondrée, silencieusement, sans alarme, sans avertissement. Dis à ton Premier ministre ceci : qu’il se préoccupe moins de contrôler les gens et davantage de les nourrir. La faim sous ses pieds s’intensifie d’heure en heure. »
Rien, à ce stade, ne permet de confirmer que les auteurs ont réellement pénétré le véhicule ou approché un scientifique, et l’absence de réaction officielle renforce l’hypothèse d’une opération de guerre psychologique. Le groupe Handala, actif depuis plusieurs années, s’attribue régulièrement des actions spectaculaires contre Israël, souvent sans preuve concrète.
Pour les experts israéliens, le danger ne réside pas seulement dans la possibilité d’une intrusion réelle, mais aussi dans la capacité de tels messages à semer l’inquiétude parmi les chercheurs, les militaires et les responsables de la sécurité. En évoquant une proximité physique avec une figure sensible, les hackers cherchent à créer l’impression que nulle cible n’est inaccessible — même si la réalité est toute autre.
De tels messages s’inscrivent dans un effort plus large des organisations cyber iraniennes pour alimenter la guerre de perception. Même en l’absence de preuves tangibles, la diffusion de photos, de listes de noms ou de récits détaillés contribue à façonner un récit où l’Iran apparaît capable d’atteindre le cœur même du système israélien. C’est précisément cette ambiguïté — entre menace réelle et manipulation — qui constitue l’arme principale de ce type d’opérations.






