16 500 morts, 330 000 blessés : le massacre silencieux que l’Iran tente de faire oublier

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Le chiffre est vertigineux et presque impossible à concevoir : au moins 16 500 manifestants tués et 330 000 blessés depuis le début des vagues de contestation en Iran. Ce bilan, rapporté par The Times, ne correspond pas à un affrontement armé classique ni à une guerre civile déclarée, mais à une répression intérieure menée par un État contre sa propre population.

Ces chiffres surgissent alors que le débat international se focalise sur d’éventuelles frappes, des sanctions, ou des annonces diplomatiques concernant l’Iran. Pendant ce temps, dans les rues de Téhéran, Ispahan, Chiraz ou Machhad, des milliers de familles enterrent leurs enfants, souvent sans cérémonie publique, parfois sans même récupérer les corps.

Selon les informations relayées par Amir Tsarfati, la majorité des victimes sont jeunes, non armées, et ont été tuées lors de manifestations, d’arrestations ou après leur transfert dans des centres de détention. Plusieurs témoignages évoquent des tirs à balles réelles, souvent à la tête ou au thorax, destinés non à disperser mais à neutraliser définitivement.

La violence ne s’est pas limitée à la rue. Des éléments transmis par des militants iraniens en exil indiquent que des hôpitaux sont devenus des lieux de mise à mort, où des manifestants blessés auraient été exécutés après avoir reçu des soins. Des corps présenteraient encore des cathéters, des bandages médicaux ou des traces d’intubation, accompagnés d’une balle dans la tête. Ces accusations, impossibles à vérifier indépendamment sur le terrain, s’accumulent néanmoins avec une cohérence troublante.

Face à cette hécatombe, la communication officielle iranienne reste inchangée. Le régime parle de « terroristes », de « fauteurs de troubles », voire d’agents étrangers manipulés par les États-Unis ou Israël. Une rhétorique classique, déjà utilisée lors des répressions précédentes, mais qui atteint ici une ampleur inédite.

Ce qui frappe les observateurs internationaux, c’est le décalage absolu entre l’ampleur du bilan humain et la réaction diplomatique mondiale. Les discussions ont récemment été dominées par une annonce : l’Iran aurait annulé l’exécution publique de 800 personnes. Une information relayée notamment par The Washington Post, présentée comme un signal susceptible d’avoir influencé des décisions stratégiques américaines.

Mais ce chiffre, 800, apparaît dérisoire face aux dizaines de milliers de morts déjà recensées. Pour de nombreux Iraniens, cette focalisation internationale sur les pendaisons masque une réalité bien plus brutale : la majorité des victimes n’ont jamais été condamnées à mort par un tribunal. Elles ont été abattues dans la rue, exécutées en détention, ou sont mortes sous la torture.

Les autorités iraniennes ne nient pas les décès, mais les minimisent, fragmentent les chiffres, et empêchent toute enquête indépendante. Les familles sont souvent contraintes au silence sous peine de représailles. Les enterrements sont surveillés. Les cérémonies publiques interdites. Les noms disparaissent des réseaux sociaux. Une stratégie d’effacement méthodique.

Dans ce contexte, les déclarations du guide suprême Ali Khamenei prennent une dimension particulièrement glaçante. Il affirme que « le peuple iranien a vaincu les États-Unis » et que la contestation serait une conspiration étrangère écrasée avec succès. Une victoire proclamée au prix de milliers de vies civiles.

À Washington, le ton s’est durci. Le compte officiel du Département d’État américain en persan a diffusé une phrase sans ambiguïté : « Il est temps de chercher une nouvelle direction en Iran », citant directement Donald Trump. Une déclaration politique lourde, mais qui n’efface pas une question centrale : pourquoi ces morts n’ont-elles pas constitué une ligne rouge plus tôt ?

Pour les familles des victimes, cette question est insupportable. Elles voient le monde débattre de frappes potentielles, de négociations futures, de sanctions économiques, pendant que leurs proches ont été tués sans procès, sans reconnaissance, sans justice. Beaucoup ignorent encore où se trouvent les corps de leurs enfants.

Le chiffre de 330 000 blessés est tout aussi révélateur. Il signifie des dizaines de milliers de vies brisées : amputations, handicaps permanents, traumatismes psychologiques profonds. Une génération entière marquée par la violence d’État. Là encore, aucune structure indépendante n’est autorisée à évaluer les dégâts humains à long terme.

Ce massacre silencieux explique aussi la détermination du régime à empêcher toute couverture médiatique libre. Internet est coupé ou filtré. Les journalistes étrangers expulsés. Les reporters locaux arrêtés. La bataille se joue autant sur le terrain que sur le contrôle du récit.

En définitive, les chiffres publiés par The Times ne sont pas seulement un bilan. Ils sont un acte d’accusation. Ils rappellent que derrière chaque discussion stratégique sur l’Iran se cache une réalité humaine massive, ignorée ou reléguée au second plan.

Tant que ces 16 500 morts resteront des statistiques, et non des visages, la mécanique de la répression pourra continuer. Et tant que la communauté internationale hésitera à regarder ce bilan en face, le régime iranien n’aura aucune raison de changer de méthode — seulement de la rendre plus discrète.

 

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