Rachel Edri, l’héroïne d’Ofakim du 7-Octobre : « J’aime Netanyahu, il sera Premier ministre »

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Rachel Edri n’a pas eu besoin de hausser le ton pour que ses mots fassent le tour d’Israël. Il y a plus de trois ans, en pleine attaque du 7 octobre, cette habitante d’Ofakim avait tenu en échec, pendant près de vingt heures, les terroristes entrés chez elle : elle leur avait servi du café et des gâteaux, chanté, fait rire, pris soin d’eux, tout en aidant discrètement les policiers postés devant sa maison. En un instant, Rachel Edri était devenue une héroïne populaire, symbole de sang-froid et de ressource. Elle et son mari David avaient été extraits vivants de leur domicile, et les terroristes, eux, avaient tous été neutralisés. Mais quatre mois après le massacre, David, resté à ses côtés durant toutes les heures de terreur et qui ne s’était jamais vraiment relevé, est mort. Il n’avait que 68 ans.

C’est cette femme, devenue un visage du 7-Octobre, qui est revenue sur le devant de la scène cette semaine, dans une interview télévisée où elle a dévoilé pour qui elle avait voté aux dernières élections — et raconté la blessure que lui a infligée un présentateur bien connu du petit écran, Dani Kushmaro.

Tout est parti d’un commentaire de Kushmaro, animateur de l’émission « Oulpan Shishi » sur la Deuxième chaîne. Il s’était étonné, en direct, qu’en dépit de tout ce qui s’était passé le 7 octobre à Ofakim — et de la mort de 33 habitants du seul quartier de Mishor HaGuéfen —, 65 % des électeurs de ce même quartier aient voté pour le Likoud. Un chiffre qu’il a présenté comme une énigme, presque un paradoxe entre le deuil et le bulletin de vote.

Rachel Edri n’a pas digéré la remarque. Interrogée sur ce choix électoral, elle a répondu sans détour : « Nous aimons Bibi, il n’y a rien à faire. Personne ne nous brisera, et il sera Premier ministre. » Puis elle s’en est prise directement à Kushmaro : « Je suis très déçue de lui, il m’a blessée. Je n’ai pas seulement été insultée, j’ai aussi commencé à pleurer. »

La sortie de Kushmaro n’avait pas attendu cette semaine pour provoquer des remous à Ofakim. Quelques jours plus tôt déjà, le maire de la ville, Itzik Danino, avait adressé une lettre officielle au directeur général du groupe Keshet, propriétaire de la chaîne, pour exiger des excuses personnelles et publiques du présentateur, en direct, à l’ouverture d’un journal télévisé. Dans son courrier, Danino avait qualifié les propos de Kushmaro de critique « inacceptable » d’un choix démocratique, rappelant que les habitants tués le 7 octobre n’étaient pas « une donnée statistique » à mobiliser pour juger un vote. Interrogé sur les ondes de Galei Israël, le maire avait été plus loin encore : « Prendre un deuil et le ramener à la politique la plus basse, c’est terrible et effrayant. » Il avait précisé n’avoir reçu, à ce stade, ni appel ni excuse — ce qui, selon lui, « blesse une deuxième fois les habitants d’Ofakim » — et rappelé que 48 habitants de la ville avaient été tués le 7 octobre, auxquels s’ajoutent trois autres résidents de la région. Ce qui l’indignait le plus, avait-il ajouté, c’est qu’on transforme ainsi les siens « en un troupeau de Bibistes », comme s’ils n’avaient ni jugement ni intelligence propres.

Sur place, certains habitants avaient tenté d’expliquer, loin des caméras, ce vote qui avait tant surpris le présentateur. Pour un commerçant de la ville, le choix s’était résumé, au fond, à une alternative simple : « C’est Bibi, ou ce n’est pas Bibi. » Les partis de droite, de leur côté, avaient fait campagne activement sur le terrain, à Ofakim comme ailleurs dans les localités du sud frappées le 7 octobre, pendant que d’autres zones proches de la frontière, plus habituées à voter pour le centre-gauche, avaient elles aussi basculé vers le bloc Netanyahu.

C’est dans ce climat, déjà chargé, que la parole de Rachel Edri est tombée. Son témoignage ne porte pas seulement sur un vote : il dit aussi la fatigue d’une femme qui, trois ans après avoir improvisé un sang-froid devenu légendaire pour sauver sa vie et celle des siens, se retrouve encore sommée de justifier ses choix devant les caméras. Elle, qui avait fait rire des terroristes pour gagner du temps, n’a pas réussi à retenir ses larmes face à un présentateur de journal télévisé.

Son mari David n’aura pas vu cette polémique. Mais le nom de sa femme, trois ans après le 7 octobre, continue de résonner bien au-delà d’Ofakim — à chaque fois qu’il est question de courage, de vote, ou désormais, de dignité face à la caméra.

Sur alyaexpress-news.com, on peut aussi (re)découvrir le portrait d’une autre héroïne du 7-Octobre, Inbar Haiman, de la compassion au courage, ainsi que deux regards sur l’identité du prochain chef du gouvernement : L’établissement qui a prédit les élections : voici le prochain Premier ministre d’Israël et L’expert tranche : les élections sont déjà jouées, voici le prochain Premier ministre.

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