Amazon serait en négociation pour racheter Decart, une start-up israélienne spécialisée dans l’intelligence artificielle, dans le cadre d’une opération évaluée à environ 7 milliards de dollars. L’information a été révélée dimanche par le Wall Street Journal, qui s’appuie sur des sources proches du dossier ayant requis l’anonymat.
Decart doit sa notoriété à Lucy, un modèle d’intelligence artificielle présenté par l’entreprise elle-même comme capable de « modifier une vidéo en direct en temps réel ». Ce système bénéficie du soutien de Nvidia, déjà actionnaire de la start-up. Decart a par ailleurs développé un second modèle, baptisé Oasis, conçu pour générer des environnements simulés destinés à entraîner et à tester des systèmes robotiques ainsi que des technologies de conduite autonome.
Sollicités par le Wall Street Journal, ni Amazon ni Decart n’ont accepté de commenter l’information. Selon la reprise de cette dépêche par l’agence Reuters, Amazon a décliné toute réaction en dehors de ses heures de bureau habituelles, tandis que la jeune entreprise israélienne n’a pas donné suite aux sollicitations qui lui ont été adressées.
Le quotidien économique américain précise que l’opération pourrait se concrétiser prochainement, si les discussions ne s’effondrent pas ou si un autre repreneur ne se présente pas. Aucun élément ne permet, à ce stade, de savoir si un accord a déjà été trouvé entre les deux parties, ni quand une éventuelle signature pourrait intervenir.
Le montant aujourd’hui évoqué marque une très nette progression par rapport à la valorisation dont bénéficiait Decart il y a quelques mois seulement. En mai dernier, la start-up avait bouclé un tour de financement de 300 millions de dollars, mené par le fonds Radical Ventures, avec la participation de Nvidia en tant que nouvel investisseur. Cette levée de fonds avait alors valorisé Decart à près de 4 milliards de dollars, selon des données du cabinet PitchBook citées par le Wall Street Journal.
Amazon n’est pas le premier géant américain à s’être penché sur le dossier Decart. Anthropic, la société à l’origine du chatbot Claude, avait exploré au mois d’août une opération similaire, pour un montant alors évalué à environ 6 milliards de dollars. Les discussions n’ont toutefois pas abouti : Anthropic a finalement renoncé à l’acquisition après avoir mené à son terme un audit approfondi de la start-up israélienne, selon une information rapportée le mois dernier par Bloomberg News.
En l’espace de cinq mois, la valorisation prêtée à Decart a donc presque doublé : près de 4 milliards de dollars au moment de sa levée de fonds de mai, puis environ 6 milliards de dollars avancés par Anthropic en août, et désormais 7 milliards de dollars évoqués aujourd’hui dans le cadre des discussions avec Amazon.
C’est dans ce contexte qu’intervient, deux mois plus tard, l’intérêt désormais prêté par Amazon à la jeune entreprise. Le groupe fondé par Jeff Bezos devra déterminer s’il va au bout de la démarche, là où son concurrent s’est arrêté après un examen approfondi des comptes et de la technologie de Decart.
Ni le Wall Street Journal ni l’agence Reuters n’ont précisé si d’autres acteurs se trouvaient aujourd’hui en concurrence avec Amazon pour s’offrir Decart, ni à quel stade précis en sont les discussions entre les deux entreprises. Les prochaines semaines devraient permettre de savoir si cette nouvelle tentative de rachat aboutit, là où celle d’Anthropic n’avait finalement pas été menée à son terme.
Depuis sa création, Decart a su attirer l’attention de plusieurs des plus grands noms de la technologie mondiale, entre son soutien historique de Nvidia, l’intérêt exprimé par Anthropic cet été, et maintenant les discussions engagées avec Amazon. Reste à savoir laquelle de ces grandes entreprises américaines finira par mettre la main sur les technologies développées par la start-up israélienne.
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