Les proches du combattant du Magav (police des frontières) David Hoyer Amrani, tué la nuit dernière par des tirs de policiers après avoir ouvert le feu dans une rue de Netanya, réclament aujourd’hui des réponses à la police. Selon eux, le jeune homme préparait pourtant son équipement en vue de son retour en service. Parallèlement, ses amis témoignent des difficultés psychologiques qu’il traversait depuis son service à Hébron.
L’incident a débuté dans la soirée lorsque Amrani, vêtu de vêtements civils, a commencé à tirer avec son arme militaire en direction d’immeubles d’habitation du quartier de Kiryat HaSharon à Netanya, à proximité du stade municipal. Des habitants, effrayés par les détonations, se sont réfugiés chez eux et ont appelé la police.
Une intervention policière qui tourne au drame
Les équipes de police arrivées sur place ont essuyé des tirs de la part du combattant, ont riposté et l’ont tué. Les équipes médicales dépêchées sur les lieux ont constaté son décès et n’ont fait état d’aucune autre victime. Une piste terroriste avait d’abord été envisagée, mais la police a écarté toute motivation nationaliste dès que l’identité du tireur a été établie.
La famille d’Amrani peine à assimiler ce drame. Ses proches ont indiqué aujourd’hui ne pas comprendre ce qui s’est produit et attendre des réponses de la police. Selon eux, le combattant prévoyait de rejoindre sa base à l’issue de sa permission du week-end : il avait même repassé son uniforme et préparé à l’avance son matériel militaire.
Bien qu’Amrani n’ait pas été officiellement reconnu par la division de réhabilitation comme souffrant de stress post-traumatique, ses amis témoignent d’une détresse prolongée. « Il nous racontait les horreurs de son service en Judée-Samarie », ont-ils rapporté, ajoutant qu’il se plaignait de difficultés à dormir la nuit. L’hypothèse aujourd’hui privilégiée est qu’il traversait un choc post-traumatique lié au combat.
Des habitants du quartier ont décrit des instants de panique. Amir, qui réside à proximité de la scène, a raconté qu’il se trouvait sur son balcon lorsqu’il a entendu des rafales de tirs, poussant sa famille à se barricader précipitamment à l’intérieur. Une autre habitante a rapporté que les personnes présentes dehors avaient fui pour leur vie jusqu’à l’arrêt des tirs, à l’arrivée des véhicules de police.
Un appel à une enquête conjointe
À la suite de cet événement, le président de l’organisation des invalides de Tsahal, Idan Kliman, s’est adressé au ministre de la Sécurité nationale pour demander l’ouverture d’une enquête conjointe entre Tsahal et le ministère de la Défense. Selon lui, cet incident constitue un signal d’alarme pour l’État. « Nous nous tenons au bord du gouffre », a-t-il averti. « L’État a le devoir d’offrir à ceux qui ont payé de leur âme le soin et l’accompagnement dont ils ont besoin. »
L’enquête sur les circonstances de l’incident se poursuit. Le corps d’Amrani a été transféré à l’institut de médecine légale d’Abou Kabir pour autopsie, et aucune date d’enterrement n’a pour l’instant été fixée. Il laisse derrière lui ses parents et deux frères.
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