Au lieu de l’aide militaire : un nouveau plan promu au Congrès dessine une coopération sans précédent entre l’armée américaine et Tsahal »

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Pendant des dizaines d’années, Israël a bénéficié d’une aide militaire de plusieurs milliards de dollars par an en provenance des États-Unis, mais à partir de 2028, tout indique que ce soutien touchera à sa fin. Des membres du Congrès des deux partis s’opposent à la poursuite du transfert de cette aide, et le premier ministre Benyamin Netanyahou lui-même a déclaré vouloir « réduire à zéro le soutien financier américain ».

À la place, le New York Times a détaillé les projets en cours de discussion au Congrès pour promouvoir un partenariat sécuritaire et technologique sans précédent entre Israël et les États-Unis. Les propositions actuellement examinées établissent un engagement légal des États-Unis à la coopération entre les industries de défense de Washington et de Jérusalem. La Chambre des représentants comme le Sénat ont inclus une telle proposition dans la loi annuelle de politique de défense.

Selon le journal américain, cette initiative est soutenue à la fois par le président Donald Trump et par Netanyahou. Elle intervient sur fond d’un courant croissant de législateurs des deux partis s’opposant à la poursuite du transfert de fonds à Israël. Les partisans de l’initiative aux États-Unis affirment qu’elle profiterait aussi à Washington, en lui permettant de bénéficier de l’innovation israélienne dans les domaines de la sécurité et du renseignement. Selon eux, elle ferait évoluer la relation américano-israélienne d’un rapport donateur-bénéficiaire vers un véritable partenariat stratégique.

Un cadre légal et un partage de renseignement élargi

Selon le texte de loi approuvé par la Chambre des représentants et en attente d’approbation au Sénat, un organisme dédié sera créé au sein du ministère américain de la Défense, légalement tenu de promouvoir la coopération entre les États-Unis et Israël. Cet organisme supervisera le développement de nouveaux équipements et technologies militaires, ainsi que les essais et l’intégration de nouvelles capacités. Israël et les États-Unis collaborent déjà aujourd’hui au développement de technologies de sécurité, parmi lesquelles les systèmes de défense aérienne Dôme de fer et Kela David.

Par ailleurs, un projet de loi distinct, qui devrait fusionner avec la loi de sécurité, obligerait le président des États-Unis ainsi que le directeur du renseignement national à « élargir et approfondir le partage de renseignement avec le gouvernement israélien », sauf dans les cas où cela risquerait de mettre en danger la sécurité des États-Unis ou de révéler des « sources et méthodes de renseignement » sensibles. Le texte de cet article s’appuie sur une proposition de loi bipartisane déposée cette année au Sénat.

Parallèlement, l’élu républicain à la Chambre des représentants Marlin Stutzman a déposé une proposition de résolution appelant à mettre fin au protocole d’accord pluriannuel dans le cadre duquel les États-Unis accordent à Israël des milliards de dollars d’aide militaire, pour passer à la place à une « coopération sécuritaire mutuelle et des investissements économiques conjoints » entre les deux pays. Cette démarche a été menée en coordination avec Netanyahou, et Stutzman avait souligné en juin auprès de N12 qu’il ne s’agissait pas d’une mesure dirigée contre Israël : « Il est important qu’Israël se tienne debout sur ses propres jambes. »

Le protocole d’accord actuel, qui oblige les États-Unis à verser 3,8 milliards de dollars par an d’aide militaire à Israël, doit expirer en 2028. Les négociations pour un nouveau protocole d’accord se déroulent dans un contexte marqué par les déclarations de Netanyahou appelant à se sevrer de l’aide américaine, et par une hostilité croissante envers Israël dans les deux partis américains. Selon une source proche du dossier, le nouvel accord devrait différer sensiblement de l’accord actuel, tout en continuant à inclure une coopération étroite entre les deux pays.

Des critiques des deux bords du Congrès

Mais même cette nouvelle configuration en cours d’élaboration suscite des critiques aux États-Unis. L’élu républicain Thomas Massie, qui a perdu son siège au Congrès après s’être brouillé avec Trump et s’être distingué par son hostilité envers Israël, avait tenté de s’associer à l’élu progressiste Ro Khanna pour faire échouer la proposition approuvée à la Chambre — sans succès, la direction républicaine ayant bloqué cette tentative. L’élu a qualifié la nouvelle initiative de « trahison de la souveraineté américaine », affirmant qu’elle « fusionne de façon tragique notre technologie militaire et notre chaîne d’approvisionnement avec Israël ». L’élue progressiste Alexandria Ocasio-Cortez, l’une des figures de proue de l’aile progressiste du Parti démocrate, a elle aussi mis en garde sur les réseaux sociaux contre ce partenariat, qu’elle a qualifié de « menace existentielle pour la souveraineté et la démocratie américaines ».

 

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