La commission de l’Éducation de la Knesset approuve l’extension de la séparation des genres dans l’enseignement supérieur

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La commission de l’Éducation de la Knesset a approuvé aujourd’hui (lundi), pour un vote en deuxième et troisième lecture, l’extension de la séparation des genres au sein des établissements d’enseignement supérieur. Selon la nouvelle loi, il sera désormais possible de séparer les femmes et les hommes non seulement dans les salles de classe, mais aussi dans les espaces publics des établissements, y compris les cafétérias, les laboratoires et les bibliothèques. Le projet de loi doit maintenant être transmis pour approbation finale en plénière de la Knesset.

Cette mesure annule une décision antérieure de la Cour suprême, qui avait établi qu’il n’était pas permis d’organiser des études en séparation des genres dans le cadre de diplômes avancés. Le vote en commission s’est déroulé dans une ambiance houleuse : immédiatement après l’adoption du texte, des cris ont éclaté dans la salle, une partie des personnes présentes scandant « honte » en direction des membres de la coalition.

L’initiatrice du projet de loi, la députée Limor Son Har-Melech, a salué son adoption. Elle a affirmé que la Cour suprême avait imposé au public une vision du monde progressiste radicale, privant des milliers de femmes et d’hommes de la possibilité de poursuivre des études avancées sans renoncer à leur foi et à leur mode de vie. Elle a ajouté que cette loi redonnait à l’enseignement supérieur la liberté de choix et rendait au public sa liberté, estimant que quiconque parle au nom des droits humains ne peut priver tout un pan de la population du droit d’étudier conformément à sa foi, et qu’il n’y avait pas de place, dans un État juif et démocratique, pour une coercition progressiste.

À l’inverse, la députée Adi Azoulay a déclaré après le vote que le gouvernement continuait de conduire Israël vers des lieux obscurs, en portant délibérément atteinte aux droits des femmes. Selon elle, cette loi est une tache sur le recueil des lois de l’État d’Israël, et sa place est dans la poubelle de l’histoire.

La présidente de l’organisation Naamat, Hagit Peer, s’est également opposée à l’adoption du texte. Elle a affirmé que le gouvernement israélien avait décidé de transformer Israël d’une démocratie libérale en un État de la Halakha obscurantiste. Selon elle, après l’armée et le monde universitaire aujourd’hui, ce seront demain les jardins d’enfants et les écoles, puis après-demain l’espace personnel de chacun qui seront concernés. Elle a affirmé croire que le public israélien ne permettrait pas la mise en œuvre de cette mesure, qu’elle a qualifiée d’infamie, et a appelé les femmes comme les hommes à voter avec leurs pieds en désertant les établissements qui appliqueraient cette loi si elle venait à être définitivement adoptée.

Ce débat illustre les tensions persistantes en Israël autour de l’équilibre entre les exigences des communautés religieuses et les principes d’égalité défendus par une partie de la société civile, un clivage qui traverse aujourd’hui aussi bien l’armée que le monde universitaire.

Sur ce sujet, on pourra également consulter la page d’accueil de notre site pour l’ensemble de notre couverture des débats religieux et sociétaux en Israël : https://infos-israel.news/

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