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Attaque contre des militaires à Levallois-Perret | La peur et la colère s’installent en France selon les proches de la sécurité

Il semble que cette nouvelle attaque visant des militaires de l’opération Sentinelle a déclenché une nouvelle crainte des attentats en France car les membres responsables de la sécurité du pays est devenue une cible privilégiée, par les attaquants.

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Pour rappel, un terroriste a renversé volontairement six militaires de l’opération Sentinelle, dans la matinée du mercredi 9 août, à Levallois-Perret, dans les Hauts-de-Seine, puis interpellé sur l’autoroute A16.

Laetitia, fait partie du mouvement Femmes de militaires en colère où elle a réagit sur france info.

 » Ont est plus inquiètes quand ils (les soldats de la sentinelle) sont sur le territoire national que quand ils sont à l’étranger. On sait très bien ce qu’ils vivent. Ils sont fatigués. Les nuits, le militaire se dit : « Je vais dormir 5 heures. » Il se rend compte qu’il est logé dans des endroits où on ne mettrait même pas des animaux. On a des hommes qui sont mangés par des punaises de lit. Il y a des militaires qui passent un mois et demi dans l’année chez eux. Ce n’est pas possible « .

Ajoutant :

 » Les femmes de militaires n’ont jamais rien dit. Nos maris ont un droit de réserve et nous, ont s’est toujours mises aussi en droit de réserve quelque part. Mais maintenant, ce n’est plus possible. Ce sont des militaires, mais ça reste des hommes, des maris et des pères. Nous, ont n’a pas envie d’avoir des centaines de cercueils sur la place des Invalides, parce que malheureusement, c’est ce qui va arriver… Je veux dire au gouvernement que ça suffit de prendre les militaires pour des vaches à lait. Quand le pays a des problèmes financiers, on va taper sur les militaires, on va enlever des moyens. Ça suffit ! On s’inquiète parce qu’ils font un métier dangereux. C’est leur choix et on ne revient pas là-dessus, c’est normal. Par contre, quand on nous dit : « On les fait partir, mais on leur enlève ça et ça… « 

Pour les familles, quand un mari part en opération extérieure, 30% du matériel est payé de sa poche et ça sort du budget familial. Pour l’opération Sentinelle, par exemple, on connaît la date de départ et de retour. C’est deux mois. On est payés trois à six mois plus tard. On a des familles totalement surendettées. Il y a des militaires qui n’arrivent pas à se loger et en plus, maintenant, on a cette peur au ventre parce qu’ils ont une cible dans le dos. »

Pour cette spécialiste des relations armées-société, Bénédicte Chéron, les militaires sont devenus une cibles de choix :

Bénédicte CHERON :

 » Aujourd’hui, tout ce qui porte un uniforme, militaire ou policier, tout ce qui représente le pouvoir régalien, est une cible potentielle pour certains agresseurs et notamment pour les terroristes islamistes. Les motifs précis de l’agression dont nous parlons restent à déterminer, mais il y a bien une récurrence des actes terroristes qui visent spécifiquement les militaires et les policiers… L’opération sentinelle déploie des militaires sur le territoire, elle les expose donc nécessairement. Au moment de son déploiement juste après les attentats de janvier 2015, elle pouvait être légitime dans un contexte d’urgence et de brouillard face à la menace.

Mais, deux ans et demi plus tard, l’efficacité et le maintien de cette opération en l’état sont très contestables : 7000 à 10 000 militaires sont déployés, pour une efficacité difficile à évaluer, car, par nature, la mesure du caractère réellement dissuasif de la mission est quasiment impossible. C’est une opération à un important coût financier mais aussi et surtout humain : les militaires sont très sollicités et éprouvés par cette opération qui n’en finit pas et sont des cibles récurrentes. »

Ajoutant :  » Des propositions émanant de l’État-major de l’armée sont régulièrement faites pour réorganiser Sentinelle et en faire un dispositif modulable. Récemment, le chef d’état-major de l’armée de terre, le général Bosser, a proposé de réduire le dispositif à 3000 militaires déployés en conservant 3000 militaires en réserve en cas de nécessité urgente et, enfin, un dernier contingent de 3000 qui seraient consacrés à l’anticipation, ce qui permettrait d’assouplir le fonctionnement de l’opération.

Pour l’instant, les politiques n’ont guère eu le courage d’écouter ce qui leur était conseillé en la matière. Espérons que ce sera le cas à l’automne prochain, comme le gouvernement l’a laissé entendre.

Les militaires sont installés sur le territoire et dans notre imaginaire collectif dans un rôle qui ne peut être le leur que de manière très conjoncturelle et à la marge.

Le maintien de cette opération est surtout un affichage politique, qui permet de rassurer les populations mais qui sur-sollicite les militaires et en fait malheureusement des cibles privilégiées.

Les armées sont très populaires, en plus d’avoir de réelles qualités opérationnelles, elles sont donc un excellent moyen pour l’État d’afficher sa puissance régalienne en situation de crise.

À moyen et long terme, les responsables politiques ont fabriqué eux-mêmes le piège dans lequel ils se trouvent pris : après avoir expliqué pendant plus de deux ans que le déploiement massif de militaires était un moyen efficace de prévenir de la menace terroriste, il leur faut désormais beaucoup de courage pour expliquer que face à cette même menace, l’opération Sentinelle déployée massivement n’est pas pertinente dans la durée. »

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